Date de la machine :  60'
Origine de la machine : France
Pays d'achat : France
N° de série : 60102
Puissance : machine au gaz
(3000w en électrique)
Chaudière fermée, retour du levier par ressort
Dimension du tamper:  58mm
1 filtre 2T


épisode1
épisode 2



Les anciennes grosses machines "pro" m'ont toujours fasciné autant qu'intrigués d'une part parce qu'elles sont monumentales, souvent somptueuses et d'autre part intrigante d'imaginer un tel déferlement de matériaux pour finalement arriver à extraire quelques gouttes de café.
Il y avait dans la conception de ces machines un réel souci esthétique.
Aujourd'hui aussi, mais avec beaucoup de plastique. J'aime moins.
Souvent le dos, qui est le devant pour le client, était une oeuvre d'art à lui seul. Les machines, bien sur, surdimensionnées pour pouvoir assurer le service aux clients sans relâche. Surdimensionnées pour usage particulier, bien entendu.
Après tous mes petits leviers j'avais bien envie de passer à la "grosse" avec pas mal d'appréhension tout de même. Ce n'est évidemment pas du tout le même souci de restauration (pièces de rechanges, coût), d'encombrement (waf compliant) et de fonctionnement (réseau d'eau obligatoire ou presque, consommation électrique non négligeable).
Alors quand comme moi on prend au maximum quatre doubles dans la journée, on y pense à deux fois avant de se lancer dans l'aventure de chauffer 5 à 10 litres d'eau! ...va falloir que j'invite des copains plus souvent.

Et puis un jour Marie (du forum planet café) a voulu vendre sa machine, une Reneka Européenne.
Au prix où elle l'avait eu...c'était l'occasion, l'opportunité, le moment ou jamais, bref le moment de me lancer.
Il faut dire aussi que les anciennes "pro" ne courent pas les rues et sont souvent à des prix  dissuasifs.
En fait il y en a à tous les prix, il "suffit" de tomber sur la bonne occase et ce jour était venu.
Merci à Marie de m'avoir accordé cette faveur, car je sais qu'elle a eu beaucoup de demandes.





Les photos de l'annonce.

La machine  se trouvait du côté de Cognac et évidemment il y a toujours la problématique du transport de cette précieuse marchandise.
Or quelques semaines plus tard je devais descendre en vacances sur le littoral atlantique, à quelques dizaines kilomètres de la machine convoitée.
Le destin fait parfois bien les choses.



J'expliquais à ma dulcinée que pendant les vacances je devrai m'absenter une "grosse" matinée  pour aller chercher une machine à café. Seulement ma chérie n'avait pas idée du volume d'une telle machine. En fait moi non plus, même si Marie m'avait donné les mensurations, en vrai ça fait un choc !




Pratiquement un quart du coffre.
J'ai vu pour la première fois son habituel sourire quelque peu s'estomper. Glups!









Arrivée à la maison, je lui trouve une place qu'elle n'a pas beaucoup quittée depuis. On ne manipule pas une telle machine de la même façon qu' une europiccola...

Le monstre à côté de machines plus "normales"
Le couvercle a vécu.







Le levier a cogné contre le rebord du couvercle.








Les chromes sont ternis..
..et par endroits frottés
à l'éponge à récurer...la plaie des chromes, misère.


Les boutons de gaz en façade.
 Pas très esthétique.








Le dos de ces machines, toujours soigné pour que le client (qui lui faisait face) puisse en profiter aussi.





La machine débarrassée de ses boutons degaz ainsi que de son pressostat gaz.



Il va être temps d'aller jeter un coup d'oeil à l'intérieur.


Il faut donc retirer levier, cache groupe, groupe...



Sous le couvercle, noir c'est noir.



Les entrailles commencent à apparaitre, la façade tombe.



Une  tôle entoure la cuve, on peut voir le brûleur en dessous.




Je laisse la machine comme ça pour la nuit, Madame est moyennement ravie de la vision au petit matin.



                                                                                             
La tôle est retirée.   Les dégâts apparaissent.   Si on y voit  quelque chose sous la crasse.



Le gaz a bien noirci la cuve,
il va me falloir de l'huile de coude.
La cuve tombe à son tour.
Sacré morceau, je vous l'assure !



Le Numéro de cuve. Et là apparaît dans toute son horreur LE dégât ! Certainement une action sur le levier à vide avec comme conséquence un retour violent de celui-ci contre le couvercle. La violence a également "arraché" une partie de la base du groupe levier. Celui-ci a été maladroitement ressoudé au plomb. Autre conséquence, le choc a été tel que la base groupe n'est plus dans l'alignement de l'autre base et donne un angle au groupe levier des plus mal venu.




Le brûleur de gaz que je vais finir par
 retirer pour y mettre un pressostat.
Le couvercle de cuve a été retiré,
avec son joint que je pense irrécupérable...
La fuite groupe a fini par bien
rouiller  le support de cuve.
Une feuille de cuivre est placée entre
le couvercle de fonte et la cuve.
Ce n'est pas un joint d'opérette qui assurait l'étanchéité,
même si là, il a moins fière allure.
Enfin la cuve ouverte, pas si sale.



La douchette.
Le ressort et ses joints. L'intérieur du groupe.


Hum! pas des masses ragoûtant...



Démontage complet du levier, les roulements sont à changer.


Le démontage est terminé, le grand nettoyage peut commencer.





Sympa non ?
mais le avant/après à l'intérieur a
demandé pas mal d'huile de coude.





Le groupe a été ressoudé, mais il faudrait tout de même que j'arrive à le faire redresser.
 La cuve à finir de nettoyer, c'est comme du béton à l'intérieur.
Et pour donner une idée de la taille de la cuve, posée à côté d'une pavoni pro.



Une telle machine n'est pas composée que de pièces monstrueuses, il y a aussi sont lot de petites babioles diverses et variées. Á ne pas égarer !







Le devant qui avait été choqué par le levier a été redressé par mon ami Armand.
Mais le contact est toujours possible, il faudrait vraiment que je songe à redresser le groupe.




Maintenant je m'attaque au lustrage de la façade et du groupe qui avaient été joyeusement récuré au "scotch brit"
..la catastrophe.







Alors vraiment avec une extrême délicatesse j'ai passé de la pâte à aviver à l'aide d'un disque de coton sur perceuse.
 Par endroits je suis arrivé à la limite de la sous couche cuivrée.
 De toute façon il est illusoire de vouloir remettre de la matière là où il n'y en a plus.
Mais on peut arriver à remettre un peu d'éclat tout de même.








La grosse difficulté est de savoir s'arrêter à temps.
On se dit toujours "allez encore un peu" et parfois c'est le drame et pour revenir en arrière..




Un petit "a suivre" exceptionnel d'une photo, mais quelle bonne nouvelle!

Avant/Après

Si je devais utiliser un jour cette formule, je pense que le moment est bien choisi:

"Patience et longueur de temps
Font plus que force ni que rage."